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ASSOCIATION NATIONALE DES COURSES PEDESTRES HORS STADE |
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NOVEMBRE 2007
♫ ♫ COURONS ENFANTS DE LA PATRIE ! ♫ ♫
En
écartant d'emblée le côté politique, l'objectif de communication, le sens
promotionnel qui ont entouré les foulées du nouveau président de la république,
il est peut-être intéressant de se pencher sur la symbolique que représente ces
images dans la "petite" histoire de la course sur route.
Les
rapports des précédents chefs d'Etat avec le sport se sont toujours limités à
leur présence dans les tribunes des stades lors de grands évènements et à la
réception des médaillés à l'Elysée après les J.O. La seule exception fut le
célèbre dessin de Jacques Faizant en 1960 montrant le général De Gaulle en
survêtement avec un sac de sport partant
pour Rome sauver l'honneur du pays qui à quelques jours de la fin des J.O.
n'avait toujours pas décroché la moindre médaille ! Faizant lui faisait dire
dans la légende :"Dans ce pays, si je ne fais pas tout moi-même!"
Aux
USA cette pratique "courante" valut au président Carter quelques
ennuis cardiaques qui l'obligèrent à cesser toute activité sportive !
Venant
du plus haut responsable de l'Etat, ce "jogging présidentiel"
consacre en fait l'image du coureur sur route dans le paysage urbain et rural.
En
aurait-il été de même il y a quarante ans ? Nul doute que ces foulées se
seraient déroulées dans un stade discret de la région parisienne. Il aurait été
incongru de voir le chef de l'Etat arpenter les allées du bois de Boulogne!
On ne
peut donc que se féliciter du choix de cette discipline, mais aussi constater
le silence de la FFA qui n'a pas su profiter de cet agent de publicité pour
promouvoir la course sur route. Mais est-ce étonnant ?
Il est
certain que si le président s'était montré aux médias en pratiquant le basket
ou le volley, les responsables de ces fédérations se seraient empressés, avec
un tel exemple, de démontrer les bienfaits de leur discipline.
Au
delà du cas personnel, la course à pied et son prolongement, la course sur
route ouverte à tous, s'installe définitivement et les traditionalistes
fédéraux qui ironisaient et dénigraient cette pratique à ses débuts peuvent
mesurer la valeur microscopique de leur jugement.
Est-ce
pour cela que la France est devenue une nation sportive ?
Rien
n'est moins sûr. La nomination du nouveau Secrétaire d'Etat aux sports
s'inscrit dans la continuité de ses prédécesseurs. Un sportif dit de "haut
niveau?" est-il le plus compétent pour entreprendre les réformes que le
sport français a besoin ? A-t-il du sport la conception, le même regard qu'il
convient d'avoir pour élever la conscience sportive de chaque citoyen ? On peut
en douter. Pour eux, la réussite de leur passage au ministère se mesure aux
nombres de médailles décrochées aux Jeux.
Mais
on sait que la valeur et la santé sportive d'un pays ne dépendent pas de cela.
**********************
ASSEMBLEE GENERALE DE L'A.N.C.P.H.S.
3 mars 2007 – St ESTEVE (Pyrénées Orientales)
C'est
au pied du CANIGOU enneigé que s'est tenue l'assemblée générale de
l'A.N.C.P.H.S.
Le
Spiridon Catalan nous accueillait en la salle du "TREFLE A QUATRE
FEUILLES" la bien nommée !! et c'est sous ces heureux auspices que la
réunion s'est déroulée.
Les
membres du Spiridon catalan constituaient la majorité des adhérents présents,
hormis les membres fidèles du bureau, et l'ordre du jour fût respecté.
Pas
de grande révolution à l'A.N.C.P.H.S., le problème récurrent de la
communication revint sur la table des discussions.
Le
bureau fût reconduit dans ses fonctions et renouvela sa confiance à Gérard
TABARY pour le poste de président.
L'assemblée
générale fût suivie d'une rencontre avec les organisateurs des Pyrénées
Orientales mais je laisse le soin à Frédéric BROUSSE de la narrer ci-après.
Le bureau
Samedi
3 mars 2007, le Spiridon Catalan, association de coureurs à pieds et
d’organisateurs de courses pédestres longues distances depuis 1979, accueille
l’Association Nationale des Courses Pédestres Hors Stade (ANCPHS) pour son
Assemblée Générale.
L’occasion de cette rencontre, souhaitée par le Spiridon
Catalan, est opportune pour ouvrir un débat et faire profiter les coureurs et
organisateurs du département des Pyrénées Orientales, tous invités par un
courrier personnel, de la venue de cette association nationale. Son seul
but : faire connaître et respecter les droits des coureurs et des
organisateurs, dans l’esprit des courses sur route, ouvertes à tous.
Le
débat a été suivi par de nombreux invités, à la fois curieux et impatients de
connaître le véritable objectif de cette réunion. D’emblée, le président Gérard
Tabary a écarté toute polémique avec les instances du sport (Ministère, FFA ou
CDCHS), soulignant les excellentes relations entretenues dans de nombreux
départements français.
En
bon juriste, il évoque les bases du droit français : le droit est là pour
protéger le citoyen, y compris contre lui même. Il faut entendre par là les
débordements que des passionnés peuvent engendrer, pris dans l’élan
d’initiatives parfois mal maîtrisées.
Des
procès en justice ? L'ANCPHS en a engagé de nombreux, avec les préfectures
garantes de la bonne application des lois et règlements. Car lorsque des
divergences d’interprétation des textes perdurent après discussion, seul le
juge, après jugement, peut trancher. Et le jugement aura valeur de loi, sur le
plan national. Aussi à partir de litiges locaux, s’établit peu à peu une règle
commune, acceptable par tous, applicable partout.
Sans
animosité, sans parti pris, sans esprit polémique, le président Tabary expose
quelques exemples de problèmes résolus ou en cours de jugement :
§
L’adhésion à la CDCHS
du département : l’organisateur peut déposer lui même son dossier auprès
de la préfecture, sans passer par la CDCHS. Celle ci peut, moyennant finances,
faciliter le montage de ce dossier, mais cette option est facultative.
§
Le nombre de dossiers
déposés en préfecture est de deux : il revient à la Préfecture de
diffuser, à ses frais, le dossier auprès des instances qu’elle juge utiles.
§
Le calendrier des courses :
est tenu par la CDCHS, qui inscrit les demandes des organisateurs. Cette
inscription est gratuite et n’engage aucune autre démarche.
§
Le certificat médical :
les textes précisent que le certificat doit être présenté par le coureur. A
l’heure actuelle la question de la conservation du certificat par
l’organisateur n’est pas encore tranchée par les tribunaux. Le président Tabary
conseille donc, en attendant les résultats du jugement, de prendre ses
précautions. Mais la signature sur le bulletins d’engagement, sur lequel est
mentionné que le coureur a bien présenté son certificat, avec le profil de la
course qui montre qu’il est au courant des difficultés, peut être considéré
comme une exonération de responsabilité pour l’organisateur.
Ces points, qui vont au delà du détail, font ou ont fait
l’objet de contentieux. Ils ont été tranchés ou le seront prochainement.
Désormais personne ne pourra contester ou interpréter la loi qui s’impose à
tous.
Ce
long travail réalisé par l’ANCPHS permet aux organisateurs et aux coureurs de
répondre au plus juste de la loi, des besoins de sécurité dans les courses et
être sûr de ne pas passer à côté de risques insurmontables.
Le
débat qui a suivi a permis à chaque participant de vérifier qu’il reste dans
l’esprit de la loi et que les courses de notre département répondent à la bonne
application du droit.
Loin
d’être fastidieux ou pointilliste, ce débat a ouvert des pistes de réflexion.
Bien sûr les abus passés de la FFA, parfois en accord avec le Ministère de la
Jeunesse et des Sports, relayés par les Préfectures, ont largement été évoqués.
Mais les mises au point des Tribunaux permettent d’éviter de nouveaux abus et
mettent chaque acteur face à ses responsabilités. Il appartient aujourd’hui à
chacun de veiller à ce que les lois soient respectées.
Le
président Tabary, relayé par son secrétaire Hubert Pastorelly, ont insisté sur
l’intérêt de recourir aux tribunaux pour éviter des polémiques longues et
stériles, et rendre les résultats définitifs et incontestables.
Cette
longue et intéressante rencontre entre l’ANCPHS et le public catalan a permis
au Spiridon Catalan d’ouvrir un débat de juristes et poser les questions de
fond sur les objectifs des organisateurs de courses pédestres. Loin de n’être
qu’une simple animation de village, la course à pied engage la responsabilité,
connue ou ignorée, de l’organisateur. A vouloir trop bien faire, on fait
parfois très mal.
Le
débat qui a suivi a montré l’intérêt des participants pour ces questions
juridiques, qui reposent toujours sur l’éthique des courses et leur finalité
profonde. Parmi les présents, ni les organisateurs ni les représentants de la
CDCHS ne se sont élevés pour contrer l’exposé du président Tabary, au contraire
chacun a apporté à la discussion son éclairage propre. Preuve sans doute le
monde sportif sait trouver le consensus qu’il recherche.
Dés
le lendemain, dans un nouveau courrier posté à tous les organisateurs, le
Spiridon Catalan a rappelé ses objectifs premiers : depuis 1979 il
organise des courses pour le plaisir des coureurs, pour favoriser la rencontre
de passionnés de course à pieds. Ouvertes à tous, pour tous les âges, sans
distinction de sexe, de race, avec un même départ pour tous, un même circuit.
L’objectif sportif n’en est qu’un parmi d’autres, la santé, la sympathie, la
convivialité, la connaissance de soi et des autres, sont autant de critères qui
gouvernent nos organisations. Comme le disait Noël Tamini, créateur du
mouvement Spiridon, « la performance d’accord, la fête d’abord ».
Chercher
à se dépasser, à aller au delà de soi est légitime, c’est un objectif que
chacun a plaisir à se fixer chaque dimanche. Atteindre cet objectif apporte une
grande satisfaction. Mais le but justifie-t-il des moyens mis en œuvre pour y
parvenir ? Surentraînement, produits douteux …
Qu’en
est-il des primes proposées aux coureurs, qu’on voit fleurir un peu
partout ? De la multiplication de catégories pour attirer le plus de
candidats à la prime ? Le Spiridon Catalan, jusque dans l’organisation du
100 km, s’est toujours contenté d’offrir le même trophée à tous les arrivants
et se refuse à favoriser la performance, la course aux primes, qui ne sont
finalement qu’une incitation à l’utilisation d’adjuvants non autorisés.
Le
président Tabary rappelait que l'Etat français s'était donné pour mission
de protéger le citoyen, y compris contre lui même.
Il
en va de la responsabilité de l’organisateur, dont la réussite ne se mesure pas
qu’en terme d’audience dans les journaux locaux et par le nombre de coureurs au
départ. A chacun de savoir définir ses objectifs, ses moyens, et mesurer les
conséquences des propositions qu’il soumet aux coureurs.
Avec
cette rencontre, le Spiridon Catalan, loin sans doute d’avoir pleinement
convaincu tous ses amis coureurs et organisateurs, a profité du déplacement des
membres de l’ANCPHS pour organiser un bon coup médiatique local. Une excellente
occasion de se faire connaître sous un jour plus complet, en parlant d’éthique,
de respect, de ces valeurs sportives qui font l’intérêt de nos rencontres
dominicales. Une façon de prendre du recul, de s’élever et de semer, sachant
qu’il faut du temps pour récolter. Mais en terre catalane, entre le soleil et
l’eau du Canigou, tout pousse, et bientôt notre esprit Spiridon grandira,
progressera et se diffusera.
Amis Spiridoniens, même avec de petits moyens (quelques timbres, une photocopieuse) et l’appui des amis de l’ANCPHS, faites vous mieux connaître, au delà du club, et faites avancer nos idées sportives et toujours d’actualité. Il ne faut pas hésiter à se montrer, s’exposer, dans le calme et la sérénité. Je reste persuadé qu’autour de nous l’image du Spiridon est ressortie renforcée de cette rencontre.
Frédéric BROUSSE
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Le dimanche 10 juin 2007
s’est déroulée la deuxième édition du Roc de Chartreuse organisée par le Spiridon Voiron Chartreuse. Trail de 57km
pour 2700m+, en grande partie dans le Parc Naturel Régional de Chartreuse.
Inscrite dans aucun calendrier officiel et surtout pas dans celui de la CDCHS
de l’Isère, ce Roc de Chartreuse a connu un réel succès et cela malgré la
concurrence d’autres trails et surtout malgré les législatives ! Ce sont
plus de 200 coureurs ( solo + duo) qui se sont élancés du magnifique parc du
CREPS de Voiron en direction du sommet
de la Sure à 2000m ! Parmi les individuels il y avait le Népalais Dawa
Sherpa qui hélas devait abandonner au 33e km. Dawa gagne à être
connu ! C’est un champion d’une simplicité et d’une gentillesse
extraordinaires ! Tout comme le Suisse Werner Schweitzer, très grand
champion, qui lutte contre une terrible maladie et qui tenait à faire le trail
familial !
A l’arrivée tous les
coureurs recevaient du miel, des noix,
de la Chartreuse, de l’Antésite et un polo ! Ni coupe, ni fric, ni
médaille ! Plus des lots attribués par les organisateurs à certains
coureurs. C’est ainsi que le 17e au scratch, Piovan Jean Luc , s’est
vu remettre un carton de vin offert par l’ANCPHS qui fête ses 17 ans
d’existence cette année ! L’ANCPHS offrit un autre carton à
l’organisation ! A noter que le Roc de Chartreuse avait le label
ANCPHS ! Hubert Pastorelly, Claude Sarnel, Jean-Pierre Pinet et Pierre
Dufaud représentaient l’ANCPHS qui a tenu une réunion la veille de la course.
Un seul regret c’est la faible participation des Spiridons ! Seul le
Spiridon Aurillac avait le déplacement ! Avec Henri, Kiki et Claude le
Spiridon Aurillac fut à la hauteur de l’événement ! A noter que le
Spiridon Provence de Jean Roure a participé au Roc en tenant un ravitaillement
avec Pierre Blanc-Nourrisseau et en tenant une radio au sommet de la
Sure avec la famille Sarda !
Bref un Roc réussi où la
fête l’emporta sur la performance !
Pierre Dufaud
Un chèque qui ne
laisse pas de bois !!
Par arrêt du 29
janvier 2007, confirmant l'illégalité de la cotisation "volontaire"
imposée aux organisateurs indépendants et rappelant la gratuité de
l'inscription d'une course sur route au calendrier départemental de la
Fédération française d'athlétisme, la Cour administrative d'appel de Marseille
a également condamné le Comité départemental des Alpes-Maritimes, qui défendait
les intérêts de la C.D.C.H.S. de ce même département, à verser une somme de 1
600 € à l'A.N.C.P.H.S..
L'intervention d'un huissier, sur
l'initiative de notre avocat, nous a valu le plaisir de recevoir un chèque de
ce montant.
L'A.N.C.P.H.S. n'en est pas plus riche
pour autant. Cette somme ne fait que rembourser les honoraires d'un avocat
dont, s'agissant d'un appel, l'intervention est rendue obligatoire en vertu
d'une récente disposition législative.
Il est vrai qu'en
pareilles circonstances, la satisfaction morale n'a pas de prix et que le fait,
pour la C.D.C.H.S., de devoir payer, elle qui prétendait faire payer, illustre
parfaitement la maxime de l'arroseur arrosé.
Une savoureuse question vient à l'esprit : qui va payer ces 1 600 € ? La Fédération française d'athlétisme, qui, en tout état de cause, dispose des recettes provenant des pass runnings ? Ou bien les organisateurs des Alpes-Maritimes, alors même que l'obligation d'un tel paiement est hors la loi ?
Hubert
PASTORELLY
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Le lièvre et la
tortue………. !
L’ANCPHS a de longue date un président qui n’a
pas point eu besoin de la course à pied – qu’il pratique par passion et non par
calcul – pour, comme tel sarcopte de la sphère politique, assurer sa promotion
en exhibant ses mollets sous les feux de médias complaisants et mystifier le
peuple des organisateurs, des coureurs ou des électeurs/adhérents qui l’ont
élu…. et ne cessent de le réélire, lui, sur la base tangible, concrète, d’une
défense juridique opiniâtre et souvent efficace (phrase de longue
haleine : ouf ! Respirez !)….
Cela
ne rappelle rien aux anciens, ces débauchages opportunistes, que de vils
intérêts avaient rapidement éloignés de la vagissante ANCPHS : que
n’auraient fait certains, à une époque – ils en sont revenus aujourd’hui, mais
un peu tard - pour un fauteuil à la C.N.C.H.S. ? C’étaient le lièvre
(entité énigmatique composée alors de GO.GI.MOU. : ah ! le célèbre
grand méchant Gogimou….) et …les
tordus….
Mais
rien ne sert de courir, il faut partir à point, dit-on…
Encore
que : la récente Ag perpignanaise de l’ANCPHS a rappelé, sur le témoignage
d’organisateurs locaux, que bien des problèmes qui les assaillaient déjà en
1990 continuaient à peser de nos jours sur leurs diligences et leur inlassable
dévouement…
Aussi,
que peut-on attendre de la nouvelle et grassouillette ministre des sports – que
l’on verrait plutôt sous sa casaque rose bonbon faire la pub de quelque Mac Do
– plus affûtée du persiflage coruscant
que de potentialités sportives (ou alors, elle les planque, tels des vices
cachés !), plus Botero dodue que filiforme Giacometti, - c’est peut-être
pourquoi, par précaution, en cas d’effort excessif, on lui a simultanément
confié la Santé ?
Pourtant
cette association Sport/Santé pourrait , - sur fond de, parait-il, souci
nouveau d’inciter chacun à se prendre un peu plus en charge -, satisfaire
l’ancienne revendication que la responsabilité du certificat médical de non
contre-indication à la pratique sportive n’incombe plus à l’organisateur mais
bien au sportif, seul tenu dés lors à rendre des comptes en cas de contrôle…..
On
peut rêver….
Mais
il y a loin de la coupe aux lièvres !
Feu
de l’espérance : qui trop embrase, mal éteint !
Restons
tortue endurante et fidèle au Droit chemin !
Bien
des étoiles filent et se meurent dans leur bref éclat !
Mais
l’ANCPHS peut sans inconvénient ressembler à ce participant au récent marathon
de Londres : il a franchi la ligne d’arrivée une semaine après le
vainqueur dont on ne se souviendra probablement pas autant que de lui !
Surtout
si sa propre victoire est dédiée aux oubliés des pouvoirs, aux pelés de
l’insoumission, aux « refuzniks » de la complaisance
courtisane !
Jean-luc Déléris,
Homme
à fables !

EVOLUTION (suite)
Mais
la course sur route, c'est d'abord les coureurs.
C'est à travers l'explosion du nombre
de participants qu'il faut analyser les changements, si changements il y a, du
coureur d'aujourd'hui par rapport à celui d'hier. Subissant les influences, les
pressions commerciales qui se sont abattues sur ce nouveau panel de
consommateurs, il est évident que la mentalité du peloton s'est modifiée au fil
des années.
Les frontières se sont dessinées avec
plus de précision entre les coureurs, entre le galérien du bitume et le coureur
occasionnel, rassurez-vous, je ne tomberai pas dans le travers de la
classification, mais tous sont sûrement plus ou mieux entraînés que leurs
prédécesseurs. Les différences qui les caractérisent sont peut-être moins
affirmées que ce qu'il peut paraître. Le désir de liberté, le refus de toute
contrainte, l'envie d'y associer la fête sans exclure la performance sont
communs à tous et rejoignent en fait les sentiments des premiers coureurs
nourris au lait Spiridon. Plus notable est l'apparition au fil des ans du
coureur indépendant qui prend le départ, franchit la ligne d'arrivée et s'en
retourne chez lui satisfait du devoir accompli. Mais l'image la plus forte qui
s'est imposée est celle du coureur qui ne fait jamais de compétition, qui fait
son jogging régulièrement mais qu'on ne verra jamais avec un dossard sur le
ventre. En fait, à travers les épreuves disputées en ville, cette image s'est
petit à petit installée dans le paysage urbain et plus personne ne s'étonne
maintenant de voir un coureur dans sa rue. Les regards curieux voire ironiques
que suscitait dans le passé cette vision a laissé la place à des lueurs
d'admiration voire d'envie. Qui aurait imaginé cela il y a trente ans?
Mais
la course sur route, c'est aussi des courses.
Après quelques années de tâtonnements,
période qui a permis la naissance de plusieurs "classiques", il était
inévitable que l'administration, toujours lente à la détente, prennent les
choses en mains. N'oublions quand même pas que nous évoluons sur la voie
publique. Il était aussi inévitable que l'Etat conforte dans sa position la
fédération délégataire trop heureuse de récupérer un bébé qu'elle avait
délaissé et même abandonné les premières années, sur le bord de la route.
Face à la montée en puissance et en
nombre des pelotons, l'administration a dû reconnaître bon gré mal gré,
l'existence d'une nouvelle discipline sportive. On peut néanmoins regretter sa
difficulté, sa réticence à intégrer cet élément nouveau dominé par le mouvement
sportif non institutionnel et de n'avoir pas joué son rôle d'arbitre chargé de
faire respecter la Loi. Mais peut-il en être autrement pour les fonctionnaires
du ministère de la jeunesse et des sports pour qui les fédérations constituent
leur fond de commerce ? Que feraient-ils avec pour clientèle uniquement que des
non licenciés ?
Le fossé s'est néanmoins creusé entre
les méga épreuves et les courses de province, de village. Mais n'est-ce pas ce qui se passe dans le contexte
économique actuel ?
Ces grandes messes se sont toutes
inspirées d'un seul modèle de référence: le marathon de New York, véritable
mecque de la course sur route. Son succès obsède les organisateurs qui veulent
l'imiter mais ne l'égale jamais. Ils rêvent d'arriver au même niveau, mais en
trois ans, mais oublient qu'il a fallu presque dix ans à New York pour
s'imposer. Ces épreuves se sont développées principalement par l'utilisation
des nouvelles technologies. Peut-on imaginer un classement manuel pour plus de
20000 participants ? Même l'industrie du textile avec ses progrès du 18° et 19°
siècle est mise à contribution. Peut-on imaginer 20000 tee shirts tricotés à la
main ? Quant aux postes de ravitaillement et d'épongeage, ils doivent
maintenant obéir à des règles strictes d'hygiène et de sécurité. Peut-être
obligera-t-on un jour l'organisateur à remettre à chaque coureur au départ un
sachet semblable à celui qu'on utilise dans les avions en cas de troubles
gastriques afin de ne pas polluer le macadam !!
Attention,
on ne rigole plus! C'est du sérieux la course sur route.
Si la distance du marathon s'impose naturellement comme distance de
référence, les courses de ville à ville comme Marvejol-Mende, Marseille-Cassis,
Alençon Medavy ont ignoré l'élément kilométrique dans leur organisation. Il
n'en est plus de même aujourd'hui et l'on sent l'influence négative de la FFA
qui a tendance à tout normaliser. La création d'un corps de mesureur s'assimile
à celle des polyvalents du fisc. Et des nouvelles distances officielles sont
ainsi apparues : 5km ,10km, Ekiden, semi-marathon à la place du 25 km avec
chaque fois à la clef un titre de champion de France. NAPOLEON qui connaissait
le goût des français pour les médailles créa la Légion d'Honneur, la FFA qui
apprécie le goût de l'argent multiplie les championnats de France. Combien
d'organisations ont disparu après avoir organisé de tels championnats, ruinées
par les exigences financières de la FFA? Et qui se souvient des vainqueurs ?
L'exemple le plus frappant est celui des championnats des 100km réclamés
paraît-il par les coureurs. Ils permettent surtout aux officiels venant de
Paris de passer un week end en province aux frais de l'organisateur. Ils
n'assistent pas au départ donné trop tôt le matin, et sur la ligne d'arrivée,
quand ils ont les trois premiers, ils s'en retournent à Paris laissant le
pauvre organisateur avec un déficit conséquent.
Les coureurs courent mais la fédération les
rattrape. D'abord sur la route, puis en côte maintenant dans les trails. La
pieuvre fédérale lance ses tentacules venimeuses sur des proies bienveillantes.
Et les titres abondent! Champion de France de Trail ! Une poignée
d'irréductibles résiste vaillamment: ce sont les coureurs de grand fond,
d'ultra-fond. On retrouve là le parfum des débuts de la course sur route.
N'omettons pas quand même de souligner que, toujours prête à rappeler ses
droits, la FFA en oublie ses devoirs. Dans ses attributions que la délégation
de pouvoir lui accorde, la délivrance des titres nationaux, régionaux et
départementaux est inscrite. Combien de départements décernent-ils-le titre de
champion départemental de marathon ?
C'est
peut-être dans le domaine des équipements que l'évolution est la plus notable.
La vision des photos
"anciennes", celles des années 1970, permet de mesurer les
changements dans la tenue du coureur. Certes nous sommes loin du coureur à
grandes moustaches, au maillot rayé du début du 20° siècle, mais les
différences sont évidentes. Les couleurs sont plus vives, plus variées, le
décor est orné de panneaux publicitaires indiquant l'omni présence du commercial.
L'industrie du sport est passée par là. Même le dossard a du se plier, mais pas
être plié, aux exigences du sponsor ! A-t-il encore sa place, son rôle ce
dossard à l'heure des nouvelles technologies, à l'heure de la puce ? Plutôt que
d'être ramené à un simple numéro, ce qui rappelle les plus sinistres moments de
la seconde guerre mondiale, le coureur voit maintenant son nom inscrit sur le
dossard comme cela s'est vu au dernier marathon d'Amsterdam pour Gebreselassie
ou même dans certains meeting d'athlétisme. Le nom remplaçant un numéro, on ne
peut que s'en féliciter!
A suivre….

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ASSOCIATION NATIONALE DES COURSES PEDESTRES HORS
STADE (immatriculée au tribunal d'instance de Strasbourg
: vol LXVII, n° 111) Siège social: 36 rue de Soultz, 67100 STRASBOURG Représentant légal : Gérard TABARY Responsable de la rédaction : Hubert PASTORELLY |
Imprimerie: POLYPLAN Bd
Georges POMPIDOU 06700 St Laurent du Var Date de parution : novembre
2007 Dépôt légal: Novembre 2007 Gratuit ISSN: en cours d'inscription |